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Le mythe fondateur de la Corée

Quelque 2 333 années av. J.-C., Hwanin (환인), le dieu du ciel, envoya sur terre son fils Hwanung (환웅) à la demande de ce dernier. Hwanung fit construire la Cité Divine au sommet du mont Taebaek (aujourd’hui connu sous le nom de Paektu) et enseigna aux hommes les rudiments de l’agriculture et de la médecine.
Un tigre et un ours vinrent un jour lui demander conseil car tous deux souhaitaient devenir humains. Hwanung leur distribua 20 gousses d’ail et de l’armoise et les invita à consommer uniquement ces deux aliments pendant 100 jours, au fond d’une grotte, dans l’obscurité. Toutefois, le Tigre, ne pouvant endurer ce régime, s’enfuit de la grotte en courant. L’ours endura l’épreuve et, au bout de 30 jours, il vit son corps se transforme en femme. Son vœu exaucé, l’ours devenu femme fut baptisée Ungnyeo (웅녀) par Hwanung. Après l’avoir épousée, elle accoucha d’un garçon, Tangun, qui fonda par la suite la première dynastie du royaume de Ko-Chosŏn.

tangun

Le royaume de Gojoseon

Gojoseon (고조선) est considéré comme étant le premier État coréen. Au départ situé entre le fleuve Liao et Taedong, il fut fondé aux alentours du IVe siècle avant notre ère. Il s’est ensuite progressivement étendu du côté de la Mandchourie et la péninsule. le pays n’était pas encore unifié mais constitué de divers royaumes indépendants qui ne cessaient de se faire la guerre. Cette période troublée prit le nom de période des royaumes combattants. Ainsi, de nombreux habitants choisirent d’émigrer en Corée. L’un d’entre eux était le général Wei Man (Wiman en coréen). Il reçut l’asile de la part du roi Jun. Celui-ci lui confia même le commandement d’une armée afin de surveiller la zone du Yalu. Mais prétextant une invasion chinoise, il en profita pour renverser le souverain, qui s’enfuit par la suite, en 194 avant J.C. Il établit par la suite sa capitale à Wanggeom (non loin de l’actuelle Pyongyang). Wiman était assez prospère au début grâce au commerce et aux relations tissées avec ses voisins. Cette puissance était loin de plaire à la Chine qui entreprit d’attaquer le royaume. Le pays conquit le nord de Wiman et fit tomber sa capitale, auparavant florissante. Quatre commanderies furent installées afin de contrôler le nouveau territoire annexé. Il s’agissait de Lintun, Zenfan, Xuantu et Lolang. Les tribus coréennes refusèrent de se soumettre à ce régime-là. Par conséquent, les trois premières commanderies furent absorbées par le royaume naissant de Goguryeo en 37 avant JC.

Période des trois royaumes

Cette période se référe aux trois royaumes coréens de Goguryeo, Baekje et Silla qui on dominé la péninsule de 57 avant JC à 668 après JC. Ces royaumes ont été fondés après la chute de Gojoseon et on conquit petit à petit tous les états et confédérations de la région. Ces trois royaumes partageaient la même culture et la même langue. A l’origine la religion dominante était le shamanisme, mais sous l’influence de la présence chinoise, le confucianisme et le taoisme firent leur apparition. Le Bouddhisme fut finalement introduit au milieu du IVème siècle et devint rapidement la religion officielle de la péninsule.

  • Goguryeo : Situé au nord de la péninsule, Goguryeo est le plus grand des trois royaumes. Etant situé à la frontière, Goguryeo fût pendant des siècles en guerre avec la Chine.
  • Baekje : Situé autour de l’actuelle région de Séoul, Baekje contrôlait la majorité du territoire ouest de la Corée. Ce royaume dominait politiquement les autres et sa richesse culturelle et artistque était telle, que Baekje joua un rôle important dans la transmission de développement culturel local notamment les caractères chinois et japonais.
  • Silla : le plus petit des trois Royaumes était situé au Sud de la péninsule. Malgré sa petite taille, Silla fit la guerre a ses voisins afin de s’étendre. Suite à une alliance entre Goguryeo et Baekje, Silla s’allia aux chinois Tang. Grâce à cette alliance, Silla conquit les Goguryeo et Baekje, ce qui marqua la fin de la période des trois Royaumes en 668.

Période des Etats du Nord et du Sud
A la fin de la guerre des trois royaumes, Silla unifie la péninsule et se retourne contre son allié Tang. Malgré une résistance, Silla parvient à repousser les Tangs hors de Corée. en parallèle, 30 ans après la chute de Goguryeo, un ancien général du royaume déchu fonde Balhae. Ce nouveau royaume situé comme son prédécesseur au Nord de la péninsule s’étendi jusqu’à l’extrême sud-est de la Russie actuelle. Cependant cette domination ne dura pas et le royaume fut vaincu par les guerriers Khitans en 926. Quelques années plus tard, ce fut la fin de Silla qui se rendit à Goryeo en 935 après 992 années de règne et 56 monarques.

Goryeo

Fondé en 918, Goryeo profit de l’affaiblissement du royaume de Silla et de la chute de Balhae pour s’étandre. A partir de 935, après avoir vaincu Silla, Goryeo domine la Corée. Cette dynastie voie l’affranchissement des esclaves et aussi la création d’un concours pour les fonctionnaires. Ceci est une révolution car Goryeo commence à privilégier le mérite plutôt que la lignée. Cela permet à la dynastie d’obtenir le soutient du peuple. L’autorité militaire laisse peu à peu place à l’autorité civile. Cependant, pour assurer la paix avec les chinois, les rois de Goryeo prennent des concubines de la dynastie Li. Si bien qu’en 1126, cela conduit à un coup d’Etat de Li jagyeom. Bien que le royaume reste celui de Goryeo, ce coup d’Etat affablit politiquement le pays qui fini par se soumettre à une invasion mongole en 1232. C’est finalement en 1388 que le général Yi Seonggye repousse la présence mongole hors de la péninsule. Il prend le pouvoir en 1392 et fonde la dynastie Joseon.

La dynastie Joseon

Durant la période Joseon, une administration centralisée est mise en place, le confucianisme revient en force (on parle de néo-confucianisme), et avec lui, un nouveau système de valeurs. La dynastie Joseon a également connu deux grandes périodes de prospérité, pendant lesquelles la culture connut un grand essor. Les Coréens firent de nombreuses découvertes à cette époque, comme le premier cadran solaire oriental, et la première horloge hydraulique. La première presse à imprimer utilisant des caractères en métal fut inventée sous la dynastie Joseon (au moins 2 siècles avant Gutenberg). La dynastie construisit plusieurs forteresses, des ports de commerce et de somptueux palais. Elle mit en place une réforme agraire, mais fut victime de troubles de successions et de luttes de factions. En effet, malgré deux victoires successives pendant la guerre Imjin contre les japonais, la dynastie Joseon se fait conquérir par les armées mandchoue, perdant ainsi l’appui de la population coréenne. A partir du 19ème siècle, la Corée devient isolationniste, les rois successifs empêchant tout contact avec les pays étrangers, autre que la Chine mandchoue à laquelle ils versent tribut. C’est de cette période que vient le surnom de « royaume ermite » pour désigner la Corée ; cet isolement, empêchant le progrès technique et toute réforme des institutions, entraîne un long déclin, et fait de la Corée la proie des puissances étrangères.

L’Empire Coréen
En 1897, Kojong change le statut politique du pays : le royaume de Chosŏn laisse la place à l’empire de Taehan, le deuxième empire coréen de l’histoire (après celui du Koguryŏ). Les liens privilégiés qu’entretiennent Japonais et Coréens n’empêchent pas le pays de tisser des relations avec d’autres nations. Ainsi, en 1900-1901, la France obtient le contrôle des postes et télécommunications, puis des concessions dans le chemin de fer. Cependant, le traité de Shimonoseki n’a pas effacé toutes les menaces pour les Japonais : la Russie a également des ambitions territoriales, tant sur la Mandchourie que sur la Corée. La guerre russo-japonaise éclate alors en février 1904 et la péninsule en est l’un des théâtres d’opérations. Le Japon sort finalement vainqueur du conflit et fait reconnaître sa domination en Corée au traité de Portsmouth (5 septembre 1905). Le 17 novembre suivant, l’empire du Soleil levant en profite pour accroître son emprise sur le pays en imposant par la force à l’empereur Kojong un traité de protectorat.
En raison d’une « résistance symbolique » du souverain, les Japonais obligent Kojong à abdiquer en juillet 1907 en faveur de son fils Sunjong, tandis que le premier ministre Li Wan-Yong (1858-1926), collabore activement avec les Japonais. Le protectorat n’est absolument pas accepté par la population, et un mouvement de résistance se développe.
Le 26 octobre 1909, le représentant du Japon en Corée, Hirobumi Itō est assassiné par An Jung-geun. En réaction à cet acte, le Japon annexe la Corée le 29 août 1910, et dépose l’empereur Sunjong pour mettre en place un gouvernement militaire. La Corée devient alors une nouvelle province japonaise : la province de Chosun. La colonisation japonaise dura jusqu’au 15 août 1945.

La partition de la Corée

La farouche résistance coréenne à la colonisation japonaise, menée notamment en Corée, en Chine et en Russie par les troupes communistes de Kim Il-sung, vaut au gouvernement provisoire coréen en exil à Washington et dirigé par Syngman Rhee (이승만) d’obtenir des grandes puissances l’indépendance de son pays à la conférence du Caire de 1943. À la conférence de Potsdam, il est décidé que les quatre Grands (Union soviétique, États-Unis, Chine et Royaume-Uni) garantiront conjointement l’indépendance du pays. Il est décidé entre l’URSS et les États-Unis qu’ils désarmeront ensemble l’armée japonaise présente en Corée, les premiers au nord, les seconds au sud. Les États-Unis proposent le 38e parallèle. Déjà en guerre contre les japonais, l’URSS franchit rapidement la frontière coréenne, alors que les Américains ne débarquent en Corée que le 8 septembre 1945, après la capitulation japonaise ayant entraîné le départ des troupes japonaises de Corée. Dans la zone sud, Yo Unhyŏng (nationaliste de gauche) crée un “comité pour la préparation de l’indépendance de la Corée”, à majorité communiste, qui proclame l’établissement d’une république populaire de Corée le 6 septembre. Le gouvernement militaire américain déclare illégale la république proclamée le 6, et démet Yo Unhyŏng de ses fonctions. Syngman Rhee rentre en Corée en octobre. La question de l’indépendance de la Corée ne peut être résolue entre les deux Grands réunis au sein d’une commission américano-soviétique, dont les travaux commencent en janvier 1946. Les États-Unis font adopter par l’Assemblée générale des Nations unies en 1947 le principe d’élections organisées sous l’égide de l’ONU, malgré le vote contre de l’URSS qui considère alors les Nations unies comme une organisation pro-américaine. En réponse, une conférence réunissant des organisations du Nord et du Sud se tient à Pyongyang, au nord, en avril 1948. Des élections organisées dans la seule partie sud, dans le cadre de la résolution adoptée par l’ONU sur l’initiative des États-Unis, se tiennent le 10 mai 1948 et conduisent à l’élection de Syngman Rhee comme premier président de la République de Corée (appelée Corée du Sud), le 15 août 1948, troisième anniversaire de la libération. Des guérillas de gauche, très actives, s’opposent toutefois au nouveau régime sud-coréen dès sa fondation. Au Nord, des élections législatives (organisées clandestinement au Sud) sont tenues le 25 août 1948. Le 9 septembre 1948, l’Assemblée populaire suprême ainsi élue proclame la République populaire démocratique de Corée (appelée Corée du Nord)à Pyongyang.

La Guerre de Corée
Les origines de la guerre de Corée, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953, donnent lieu à des interprétations divergentes au Nord et au Sud. Pour Séoul, la guerre a été déclenchée par une agression nord-coréenne selon un plan établi préalablement en liaison avec Moscou. Pour Pyongyang, le franchissement par ses troupes du trente-huitième parallèle est la riposte à une attaque surprise de l’armée sud-coréenne sous le commandement de conseillers américains. De fait, la multiplication des incidents de frontières témoignait d’une aggravation des tensions militaires à la veille du conflit. La guerre de Corée s’achève par un retour au statu quo ante bellum le 27 juillet 1953 (signature d’un armistice).

La Corée du Sud aujourd’hui

Après une histoire douloureuse, la Corée du Sud est devenue en 50 ans la dixième puissance mondiale. Le miracle coréen et la révolution numérique ont vu naître des entreprises multinationales telles que Samsung ou LG. Résolument tournée vers l’avenir, la Corée du Sud a sut en peu de temps s’ouvrir au reste du monde et joue un rôle de plus en plus important sur la scène internationale. Le phénomène Hallyu est bel est bien le signe du renouveau du pays du matin calme secoué aujourd’hui par le dynamisme de ses habitants.

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